Proposition commerciale : structure, contenu et erreurs à éviter

Daniel BrooksDaniel Brooks
Une proposition commerciale imprimée, ouverte sur la page de chiffrage

Une proposition commerciale a une seule fonction : permettre à quelqu'un de décider. Tout ce qui ne sert pas cette fonction l'affaiblit, et la plupart des propositions sont remplies de choses qui ne la servent pas.

La cause tient presque toujours à l'ordre. La proposition type commence par présenter l'entreprise, poursuit par sa méthode, et arrive au prix en page sept — alors que le lecteur, lui, va directement au prix et remonte ensuite.

Réponse directe. Sept parties, dans cet ordre : la situation du client, ce que vous proposez, le déroulé, le calendrier, le prix, ce qui est exclu, les conditions. La présentation de votre entreprise vient après, ou en annexe. Deux à dix pages selon le montant.

La structure

1. La situation

Commencez par restituer le problème du client dans ses termes à lui. Trois à cinq phrases, factuelles, sans flatterie.

Cette partie fait deux choses. Elle prouve que vous avez écouté — ce qui est le premier critère de sélection dans la plupart des décisions. Et elle fixe le périmètre : ce que vous décrivez ici est ce que vous vous engagez à traiter.

C'est la partie la plus courte et la plus discriminante. Une proposition qui commence par « Nous sommes une agence fondée en 2019 » a déjà signalé qu'elle parle d'elle.

2. Ce que vous proposez

En une phrase, puis en trois points. Pas la méthode, pas le déroulé : le résultat.

« Refondre votre catalogue produit pour que les cent quarante références soient photographiées et mises aux normes des trois places de marché où vous vendez. » Le lecteur doit pouvoir répéter cette phrase à son associé.

3. Le déroulé

Les étapes, ce que vous faites à chacune, et ce que vous attendez du client. Cette dernière colonne est celle que les propositions oublient, et c'est celle qui évite les trois quarts des retards.

Restez au niveau de l'étape, pas de la tâche. Un déroulé en quatre étapes se lit ; un déroulé en vingt-deux tâches se survole.

4. Le calendrier

Des durées, pas des dates — sauf si la date de début est arrêtée. « Quatre semaines à compter de la validation » vaut mieux qu'un calendrier qui sera périmé la semaine prochaine.

Indiquez ce qui conditionne le calendrier : délai de retour sur les validations, fourniture des éléments, disponibilité des interlocuteurs.

5. Le prix

En page visible, jamais en annexe.

Si la prestation admet plusieurs niveaux, présentez-en trois : une version resserrée, la recommandée, une version étendue. Trois options déplacent la question de « est-ce que je le fais » vers « lequel je prends », et c'est mécaniquement plus efficace qu'un prix unique.

Précisez ce qui est inclus dans chaque ligne. Un prix global sans décomposition invite à la négociation sur le total ; un prix décomposé invite à discuter le périmètre, ce qui est une bien meilleure conversation.

6. Ce qui n'est pas inclus

La partie que personne n'écrit et qui évite le plus de conflits.

Listez explicitement ce que la proposition ne couvre pas : les prestations connexes qu'on pourrait supposer comprises, le nombre d'allers-retours au-delà duquel un avenant s'applique, les éléments que le client doit fournir.

Ce n'est pas défensif, c'est clarifiant. Un client qui découvre une exclusion après signature la vit comme une mauvaise surprise ; le même, informé avant, la trouve normale.

7. Les conditions

Durée de validité de l'offre, modalités de règlement, conditions d'annulation. Court, factuel, en fin de document.

Et l'entreprise ?

Après. Ou en annexe. Une page maximum, et centrée sur ce qui est pertinent pour cette mission précise : deux ou trois références comparables valent mieux qu'un historique complet.

Les erreurs qui coûtent

Commencer par soi. L'erreur structurelle. Le lecteur ne s'intéresse à vous qu'après avoir compris ce que vous lui proposez.

Cacher le prix. Il ira le chercher de toute façon. Le mettre en annexe ajoute une friction et signale une gêne.

Le prix unique. Trois niveaux changent la nature de la décision.

Le jargon de métier. Chaque terme que le lecteur doit décoder est une occasion de reposer le document.

Les mentions génériques. « Nous mettons l'humain au cœur de notre démarche » n'apporte rien et occupe la place de quelque chose d'utile. Le test : si la phrase pourrait figurer dans la proposition d'un concurrent, retirez-la.

L'absence de prochaine étape. Une proposition doit se terminer par une action précise : « Si cela vous convient, retournez-moi ce document signé et nous démarrons le 6 octobre. »

La mise en forme

Elle compte moins que le contenu, mais pas zéro. Trois règles suffisent.

Un titre par page. Le lecteur doit pouvoir feuilleter et savoir où il est.

Le prix isolé sur sa page. C'est la page qu'on rouvre, elle doit se trouver sans chercher.

Lisible en PDF sur téléphone. Une part significative des propositions est ouverte une première fois sur mobile, dans un e-mail. Un tableau de chiffrage en corps 8 sur trois colonnes y est illisible.

Pour le format : A4 en portrait, PDF, corps 11 minimum. La référence des formats donne les dimensions exactes si le document doit aussi être imprimé.

Les visuels

Une proposition avec deux visuels pertinents se lit mieux qu'une proposition de texte dense. Mais « pertinent » exclut les photos d'illustration génériques, qui signalent un document de série.

Ce qui fonctionne : un schéma du déroulé, un exemple de livrable, un avant/après si votre métier s'y prête. Ce qui ne fonctionne pas : une photo de réunion prise dans une banque d'images.

Si vous n'avez pas de visuel adapté, mieux vaut aucun visuel. Et si vous voulez en produire un spécifique, le générateur d'image permet de fabriquer un schéma ou une illustration de concept sans passer par une banque d'images — ce qui évite précisément l'effet document de série.

Après l'envoi

Annoncez la relance dans le document. « Je vous rappelle jeudi » transforme la relance en rendez-vous attendu. C'est le geste le plus rentable de tout le processus.

Relancez une fois, précisément. Pas « je me permets de revenir vers vous » mais « avez-vous des questions sur le périmètre de l'étape 2 ? ». Une relance qui porte sur un point précis obtient une réponse ; une relance générique obtient un silence.

Acceptez le non rapidement. Un refus clair vaut mieux qu'une relance mensuelle pendant six mois. Demandez-en la raison : c'est l'information la plus utile que vous obtiendrez sur vos propositions.

Ce qu'il faut retenir

Sept parties, dans cet ordre : situation, proposition, déroulé, calendrier, prix, exclusions, conditions. Votre entreprise vient après.

Le prix est visible et décliné en trois niveaux. Les exclusions sont écrites. La prochaine étape est explicite. Et la relance est annoncée dans le document — c'est ce qui la rend facile pour tout le monde.

Daniel Brooks

Daniel Brooks

Je travaille avec des fondateurs de SaaS, des créateurs indépendants et des équipes en amorçage sur le positionnement, les supports de lancement, les présentations et le contenu signé par le fondateur. J'écris pour de petites équipes qui doivent prendre de bonnes décisions avec peu de temps et peu de moyens.

Questions fréquentes

Sept parties : le résumé de la situation du client, ce que vous proposez, le déroulé, le calendrier, le prix, ce qui est exclu, et les conditions. L'erreur la plus fréquente est de commencer par la présentation de votre entreprise — qui n'intéresse le lecteur qu'après qu'il a compris ce que vous lui proposez.

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